Ni Trump, ni Poutine : construire la digue.

12 février 2026

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Les alertes n’ont pas manqué : désormais nous y sommes. Poutine déroule son agenda impérialiste libéré de toute contrainte. Dans la même veine nationaliste, Trump est devenu son meilleur allié dans la destruction du Droit et de la coopération internationale. De plus en plus de pays basculent vers des régimes nationalistes réactionnaires: Inde, Argentine, Italie, Hongrie, Etats-Unis, Israël mais aussi et toujours Russie, Chine…La liste s’allonge chaque trimestre tandis que dans chacune des démocraties les idées et les formations d’extrême droite progressent. L’Allemagne avec l’AfD, les Pays-Bas,  et surtout la France avec le RN sont sur la liste. Le néofascisme identitaire progresse partout.

En plus de stigmatiser et marginaliser les minorités, les pauvres et les femmes,  les politiques nationalistes réarrangent l’histoire,en faisant fi de la vérité et de la science. Leur objectif :  annihiler toute pensée critique au nom de l’idéologie dangereuse du “bon sens”. Derrière la dénonciation de l’écologie comme contrainte et des normes comme obstacles à la liberté, ils propagent l’obscurantisme et la surveillance généralisée de leurs populations. 

En miroir, c’est la sidération qui prédomine et empêche la société de se mettre en mouvement. Il y a pourtant urgence vitale. Au moment où les belliqueux encerclent l’Europe et pensent la prendre en étau – de l’Atlantique à l’Oural – au risque de la vassaliser, il y a urgence à nous organiser. 

« Ni Trump ni Poutine », doit devenir bien plus qu’un mot d’ordre : un cri de ralliement pour défendre notre sécurité, nos valeurs et un projet de monde alternatif. Par delà le mirage d’une menace strictement exogène, notre “Ni Trump, ni Poutine” est l’expression d’un rejet des impérialismes d’où qu’ils viennent, conscient que l’immense régression diffuse, y compris chez nous, en Europe. 

Trois défis majeurs s’imposent.

Le premier est de coordonner entre elles les forces progressistes éparpillées et repliées dans leur seul contexte national, loin des ambitions internationales qui ont façonné le XIXème siècle ou plus récemment la force propulsive du mouvement altermondialiste. Cette nécessité s’impose comme une évidence quand en face une internationale néofasciste identitaire se constitue.

Le deuxième est de s’atteler à construire une réponse à la nouvelle donne géopolitique pour : 

  • garantir la sécurité et l’indépendance de l’Europe face à l’impérialisme russe dont l’ambition dépasse l’Ukraine et la trahison américaine. Cela exige tant la modernisation d’armées nationales que la  mutualisation des commandements et des capacités opérationnelles. Il faut aussi réinventer les modalités de la dissuasion nucléaire en proposant un parapluie crédible et sous commandement national.
  • affirmer la prédominance de la diplomatie, car la Chine et la Russie ont su faire prospérer l’idée ed’une majorité mondiale contre l’Occident, dont seule l’Europe sera en réalité la victime. A coups de manipulations efficaces des opinions,  ils ont su profiter des rancœurs nourries par nos promesses non tenues, nos persistances néocoloniales ou encore notre application à géométrie variable du droit international à l’exemple des situations en Palestine et en Ukraine


Le troisième est de garantir que les choix que nous devons opérer ne sauraient se faire au détriment du  modèle social français, ses services publics déjà gravement érodés ces dernières années. Ce parti pris appelle surtout le partage équitable des ressources financières, garant par ailleurs de trajectoires écologiques viables.  Comment croire une seule seconde comme feint de le croire le président Macron qu’un peuple fragilisé et inquiet, menacé dans ses droits et son niveau de vie peut adhérer à un chantier si colossal ? C’est tout l’inverse, et la politique intérieure, économique, écologique et sociale est constitutive d’une stratégie internationale.

Fédérer les résistances et les alternatives

Il est temps de réveiller au tocsin toutes les consciences démocrates devant la conjonction de tous les dangers que favorise un néofascisme hybride mais d’une puissance inouïe : course au surarmement, logiques capitalistes plus prédatrices que jamais, pouvoirs autoritaires conjugués à des formes grandissantes de techno-police, réchauffement planétaire qui condamne tous les oubliés de la nouvelle équation géopolitique. 

D’où nous parlons, la gauche ne peut barguigner, elle le peut d’autant moins que la digue qu’il nous faut construire ne pourra procéder d’elle seule, tant elle est désormais atomisée, sans véritable coordination internationale d’envergure. Cette digue pour résister et  pour connecter entre elles les oppositions ou majorités démocrates mondiales doit fédérer largement. Il est encore à gauche des consciences universelles, il est encore à droite des héritages gaullistes. Il est, surtout, dans les sociétés au Nord comme au Sud, dans les quartiers comme dans les campagnes, des générations engagées et disponibles. 

La stratégie de la diabolisation ne fonctionne pas. Sans délai, il nous revient d’aller à la rencontre de ces femmes et ces hommes engagés pour nos urgences collectives : en résistance aux Etats-Unis, en Argentine, en Hongrie mais aussi dans toutes les sociétés où se construisent aujourd’hui les alternatives et les espérances nouvelles. Aller à leur rencontre, apprendre des expériences déjà confrontées au pire, puiser dans les inspirations positives venues d’Espagne ou du Mexique et réapprendre à mener des combats collectifs pour empêcher notre pays de basculer.

Un embryon d’espoir et de volontés internationales ne demande qu’à devenir une force citoyenne et politique puissante. Nous voulons nous atteler à la construire, pour rebâtir une nouvelle internationale progressiste, humaniste et écologiste. 

Un appel est lancé pour un premier rendez-vous. Retrouvons-nous.

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