
Depuis sa création en 2003, l’entreprise américaine Palantir s’est spécialisée dans la fourniture de solutions logicielles visant à assurer des fonctions de renseignement, surveillance et ciblage, auxquelles de plus en plus d’États ont recours. Ces outils, appuyés par le développement de l’intelligence artificielle, continuent cependant d’échapper à la vigilance et à la compréhension des opinions publiques, mondiales et européennes, tandis que la menace jusqu’alors invisible ne cesse de se matérialiser.
Cette menace n’est pas nouvelle ; et elle a déjà engendré des horreurs. Pour rappel, le Gouvernement israélien utilise Palantir depuis 2014, hissant leur relation jusqu’au partenariat stratégique début 2024 dans le contexte des crimes de guerre commis par Israël à Gaza et au Liban. L’Armée américaine fait également un usage intensif des solutions proposées par Palantir, qui sont soupçonnées d’être notamment responsables des frappes, le 28 février dernier, ayant tué près de 120 jeunes filles en Iran.
Alors que les tribunaux américains ont dénombré plus de 4 400 cas de détentions illégales par ICE, et que d’innombrable cas de violence policière, ayant parfois entraîné la mort, ont été répertoriés, l’utilisation extensive des données fournit par Palantir par la police de l’immigration américaine, dans ses campagnes d’arrestation puis d’expulsion des populations sans-papier, est aussi largement documentée.
Depuis 2015, lorsque, au-lendemain des attentats, notre pays a dû se doter en urgence de moyens supplémentaires de lutte contre la menace terroriste, la DGSI a noué un contrat avec Palantir pour la fourniture d’une solution de traitement des grandes quantités de données. Or, depuis 2018, le Gouvernement a identifié des difficultés liées à la mise en œuvre de ce contrat, sans jamais renoncer à son renouvellement. On rappellera aussi que les Services allemands de sécurité intérieure ont récemment renoncé à employer les services de Palantir pour lui préférer une alternative française dans l’accomplissement de ses missions, illustrant ainsi l’existence de solutions nationales pour répondre aux besoins de traitement de données par les services de renseignement.
Dans ce contexte, et aussi en référence à des mobilisations similaires à travers l’Europe et le monde, La Digue :
Par ailleurs, La Digue appelle, en France et au-delà, les institutions et mouvements soucieux de la préservation de l’état de droit et des libertés publiques à s’unir pour cartographier les actions de résistance et de désobéissance visant à défaire la mainmise de Palantir sur nos vies et son immixtion dans la conduite de l’État.